L’observatoire participatif de la vulnérabilité du littoral à l’érosion marine aux Comores : quel bilan des activités ?

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L’érosion côtière constitue l’un des défis majeurs auxquels sont confrontées les Comores. Pour anticiper les conséquences, le projet DiDEM déploie des méthodes et des outils, forme et accompagne les partenaires comoriens à mettre en place un mécanisme de suivi d’érosion des côtes dans une logique d’observatoire participatif.

A travers le présent article, le projet fait l’état d’avancement des activités depuis son lancement en août 2021 jusqu’en mars 2022.

Suivi de profil de la plage Mtsangani Sima par des mesures au topomètre @ N. Mirhani

      En août 2021, le projet DiDEM en collaboration avec les parcs nationaux de Chissiwani et de Mohéli a choisi sept sites pilotes pour le suivi d’érosion marine. En mars 2022, cinq nouveaux sites ont intégré l’observatoire qui, actuellement, en totalise 12. Les huit sites se situent dans la partie sud du Parc National de Mohéli : Nioumachoi, Fironi Dzia lagnouma et Dzia lagnouma, Bangacharini, Sambia, Sambajou, Miremani et wenefou. Les trois autres se trouvent au sein du Parc National de Chissiwani à la presqu’île de Sima au Nord-Ouest Anjouan : Mafumbuni, Bimbini et Mtsangani Sima. Le douzième site est celui d’Al-amal Chitsangani qui se localise dans la baie de Mutsamudu au Nord d’Anjouan. Tous ces sites font l’objet des suivis d’érosion côtière.

Figure 1_Sites de suivis d’érosion marine au parc national de Mohéli (août 2021-février 2022)

Figure 2_Sites de suivis d’érosion marine au parc national de Chissiwani (août 2021-février 2022)








Des bornes de références aux mesures des profils de plages

Pour faire le suivi d’érosion côtière, les 12 sites de l’observatoire sont couverts d’un réseau de 32 bornes de références, 22 à Mohéli et 10 à Anjouan. Placées à l’arrière-plage, ces bornes constituent des points zéro à partir desquels sont et seront effectués les levés des profils et les suivis morphologiques des plages et du trait de côtes à l’aide d’un topomètre. Ainsi, 44 levés au topomètre dont 31 à Mohéli et 13 à Anjouan y ont été réalisés en août 2021, février et mars 2022. Les prochains levés y seront effectués aux mêmes mois (août 2022, février et mars 2023) afin d’assurer la comparabilité des données acquises.

De l’évaluation à la hiérarchisation des paysages de l’érosion

En complément aux données quantitatives issues des mesures de profils des plages par topomètre, DiDEM a déployé une deuxième approche prenant en compte la dimension qualitative des paysages de l’érosion. Le but recherché a été de caractériser les sites de l’observatoire, identifier les indicateurs d’érosion côtière, évaluer les degrés d’exposition et de vulnérabilité des enjeux et estimer le niveau d’érosion. Fondée sur des observations paysagères, cette approche a été opérationnalisée en mars 2022 dans six parmi les douze sites de l’observatoire : Nioumachoi, Fironi Dzia lagnouma et Dzia lagnouma, Bangacharini pour Mohéli et de Mtsangani Sima et d’Al-amal Chitsangani pour Anjouan. Sur la base des informations collectées et traitées, ces sites ont été hiérarchisés et classés par rapport aux risques et à l’intensité érosifs. Sur les six sites évalués, il en résulte que le compartiment Sud de la plage Bangacharini adossée à la falaise a atteint un niveau d’érosion très grave. En deuxième position, la plage de Nioumachoi enregistre un niveau d’érosion grave.

Le transfert des connaissances comme fer de lance de l’observatoire

Les formations réalisées par DiDEM auprès des écogardes des parcs nationaux de Mohéli et de Chissiwan depuis août 2021 et l’acquisition des méthodes par ceux-ci ont constitué la cheville ouvrière de la réussite des activités de l’observatoire. Ces formations ont été ensuite élargies aux agents de la direction de l’environnement à Anjouan et aux enseignants du Centre Universitaire de Patsy lors de la troisième mission de DiDEM aux Comores de février à la fin mars 2022. Le nombre des partenaires formés a de ce fait augmenté ; il est passé de 19 à 32 dont 75 % sont issus des parcs nationaux. Le matériel de mesures des profils de plages et du trait de côte avec les tutoriels ont été mis à leur disposition pour qu’ils puissent faire le suivi.

 

D’août 2021 au mars 2022, DiDEM enregistre une augmentation du nombre de sites de l’observatoire et de partenaires formés pour faire le suivi d’érosion côtière. Ce nombre va encore croitre puisque les agents des parcs nationaux et de la direction de l’environnement ont manifesté la volonté d’étendre la zone l’observatoire. 

Quant aux enseignants du Centre Universitaire de Patsy, ils formeront et encadreront les étudiants ; ce qui contribuera à vulgariser et perpétuer les connaissances sur les processus et les méthodes de suivi d’érosion côtière.